La chapelle du quartier Bostens à Bascons est restée longtemps dédiée à Sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse, qui y est d’ailleurs toujours fêtée aux alentours du 22 juillet. A l’image d’autres lieux de culte landais (Notre-Dame des Cyclistes à Labastide d’Armagnac et Notre-Dame du rugby à Larrivière), et sous l’impulsion du maire de l'époque Raoul Laporterie, du curé de la paroisse l’abbé Xavier Tapie, et de Claude Cazalis, adjoint au maire honoraire actuel, ce lieu de culte a été rénové et consacré à Notre-Dame de la Course Landaise.
Elle est désormais le lieu d’un pèlerinage annuel des coursayres, le jour de l’Ascension, marqué par une célébration en musique et un hommage posthume rendu à une personnalité marquante de notre pratique ancestrale. Aux alentours de la Toussaint, un autre office religieux est aussi dédié aux morts de la course landaise. Le monument qui leur est dédié, œuvre de Francel, ainsi que la stèle érigée en souvenir de Bernard Huguet, écarteur landais ayant trouvé la mort dans les arènes de Montfort-en-Chalosse en 1987, représentent les lieux privilégiés de ces hommages.
Bien que ses origines soient peu connues (et si l’on ne tient pas compte de la date figurant au-dessus de la porte d’entrée), la construction de cet édifice remonterait probablement au XVe siècle. Il s’agissait donc là de l’église de la paroisse de Bostens, jouxtant un petit cimetière qui est encore à ce jour le lieu de sépulture des membres des plus anciennes familles du quartier.
Description de la chapelle de Bostens
Il s’agit d’un édifice de 18 mètres de long sur 6 mètres de large avec un porche en auvent non ajouré. Sa construction a été réalisée en pierre dite parfois coquillière grise du pays (un fossile est visible sur la gauche de la porte).
Son petit clocher pignon en arcade triangulaire est surmonté de la croix, avec deux petites cloches apparentes côte à côte en leurs deux baies accolées et protégées par un petit auvent.
Sa nef unique et son abside ronde témoignent d’une lointaine survie romane. La porte de la nef, en grossier bossage, a un linteau rectangulaire échancré avec la date de 1773 et un vieux bénitier creusé dans son montant. Sur la droite de celui-ci a été apposée une plaque dédiée à la mémoire de l’Abbé Xavier Tapie, curé de Bascons de 1942 à 1976, rénovateur de cette Chapelle Notre Dame de la Course Landaise et artisan du Musée du même nom.
Sur le mur de l’abside, terminant le chœur, on peut admirer la statue de Notre Dame de la Course Landaise soutenant à la manière d’une Piéta, un écarteur blessé. Cette sculpture en bois polychrome a été réalisée en 1970 par un artiste espagnol, Martin Gallesteguy, d’après un dessin de François Meyney, dit Francel (qui n’est autre que le petit-fils de Cel le Gaucher, dessinateur et sculpteur landais bien connu du monde de la tauromachie).
Sur le mur de la nef, en rentrant à gauche, figure une plaque rappelant les noms des enfants de la paroisse de Bostens morts pour la France lors de la Guerre de 1914-1918. Sur ce même mur est accrochée une toile rustique de Sainte Madeleine en prières dans une grotte emplie de rochers.
A l’entour, sur le mur du chœur, sont peints en couleurs vives les quatre Evangélistes, identifiables par leur symbole biblique : Marc (le lion), Jean (l’aigle), Matthieu (l’ange à visage d’homme apportant un message), et Luc (le jeune taureau). La restauration de ces peintures a été effectuée par Blanc, artiste nîmois de grand talent, réfugié pendant la dernière guerre à Mont-de-Marsan.
Sur la porte du tabernacle, figurent, entrelacés, hostie sainte, la croix et le poisson. L’autel repose sur des sculptures de bois représentant les berceaux de cornes de vaches. Le repose cierges, en fer forgé, possède, quant à lui, une forme d’arène.
Les trois vitraux aux couleurs chatoyantes, datent de la restauration de l’édifice. Deux éclairent le chœur : l’un représente une scène de la crèche, la vache léchant l’enfant Jésus, l’autre, la Vierge Marie au pied de la croix avec, en arrière plan, des centurions romains. Le troisième, sur le mur sud de la nef, évoque la tauromachie landaise avec la représentation d’un écart. Sur ce même mur, on note la présence d’un superbe crucifix stylisé, en bois sculpté, don de Madame Anne-Marie Brun de la Selve.
Le chemin de croix, sans être austère, reste d’un pur classicisme.
Cette chapelle comporte une petite tribune donnant sur la nef à laquelle on accède par un petit escalier tournant de 13 marches. On peut s’y asseoir sur trois rangées de gradins en bois rappelant ceux des anciennes arènes. De là, une petite échelle meunière permet d’atteindre les deux cloches, encore actionnées à la main lors des cérémonies. La sonnerie de ces cloches est réputée dissiper les nuages porteurs d'orages et de grêle. Elle continue à être actionnée lorsque ceux-ci menacent.
Quant au sol, il est fait d’un modeste mélange de dallage de pierre et de carreaux anciens en terre cuite rouge (chœur) et de mêmes carreaux (seuls) pour l’abside.
En 1962, René Cuzacq, agrégé de l’Université et auteur d’ouvrages sur la région, a décrit la chapelle comme "une petite église émouvante en sa solitude, loin des maisons, perdue dans la platitude des champs et des pinèdes." Lieu tellement propice et incitatif à la méditation que nous serions presque tentés d’y ajouter ces quelques vers extraits de la chanson "La petite église" de Paul Delmet :
"Lorsque je suis las
Du monde et du bruit
J’y viens à pas lents
Quand tombe la nuit
Faire une prière"

